Assemblée de l' AMECE du 18 au 20 mars à Bruxelles

Publié le par l'écoleau





ASSEMBLÉE MONDIALE DES ELUS
ET DES CITOYENS POUR L’EAU (AMECE)
18 au 20 mars Parlement Européen Bruxelles



POURQUOI L’AMECE ?

Le scandale mondial de l’eau

Selon les Nations Unies, plus 1,1 milliard de personnes n’ont pas accès à l’eau potable et 2,6 milliards manquent de services sanitaires avec des conséquences désastreuses pour l’hygiène et la santé. Près de 34.000 personnes dont 4.500 enfants meurent chaque jour de maladies liées à cette situation. Elles manquent d’eau surtout parce qu’elles sont pauvres et moins par insuffisance d’eau. Dès lors, beaucoup pensent qu’il y aura toujours des pauvres et que par conséquent il y aura toujours à l’avenir des milliards d’êtres humains sans accès à l’eau dans la quantité et la qualité indispensables à la vie. Même fatalisme en ce qui concerne la dégradation croissante des ressources hydriques de la Planète (prélèvements excessifs, pollution, gaspillages...) et les dangers de raréfaction de l’eau liés au changement climatique.

On assiste, cependant, à une prise de conscience forte de l’urgence de développer des solutions concrètes efficaces à court et à long terme, au Nord comme au Sud du monde. Les derniers grands rassemblements sur la thématique de l’eau comme les Fora Alternatifs Mondiaux du l’Eau (FAME) de 2003 (Florence) et 2005 (Genève), au-delà des Fora Mondiaux de l’Eau officiels de Tokyo (2003) et de Mexico (2006), ont mis en lumière la gravité de la crise hydrique mondiale que certains ont appelé la bombe hydrique - et la nécessité d’une grande politique de transformation radicale des tendances actuelles. L’eau a été au centre des préoccupations et des propositions des Fora Sociaux Mondiaux de Bamako et de Caracas en 2006 et plus récemment de Nairobi (janvier 2007). De toutes parts a été soulignée l’importance critique de la participation des citoyens à la solution des problèmes. Ainsi, le Forum Mondial des Parlementaires comme le Forum des Autorités locales qui ont eu lieu dans le cadre du Forum de Nairobi ont exprimé un soutien fort en faveur de l’organisation de l’Assemblée Mondiale des Élus et des Citoyens pour l’Eau (AMECE).

Les initiateurs et organisateurs de l’AMECE ont la conviction que si les choix actuels en faveur de la marchandisation de l’eau et, plus en général, de tout ce qui est vivant, dans une logique d’exploitation-consommation prédatrice, ne sont pas abandonnés, nos sociétés ne réussiront jamais à faire en sorte que tous les êtres humains aient accès à l'eau potable et aux services hygiéniques pas plus qu'elles ne parviendront à empêcher l’aggravation de l’état de l’environnement de la Planète. Qui plus est, les grandes entreprises privées mondiales de l’eau tireront des profits de plus en plus inacceptables au détriment du droit humain à l’eau. Un scandale mondial de l’eau guette le devenir de la planète : plus nombreux seront les êtres humains sans accès à l’eau pour les raisons ci-dessus évoquées, plus lucratifs seront les profits tirés par la production et la vente de l’eau devenue « l’or bleu » et plus nombreux et graves seront les conflits autour de l’accès à l’eau.

Tel est le sens du double défi de la vie (droit à la vie pour tous les êtres humains, droit de la vie sur notre Planète Terre) que les mouvements et les ONG engagés, à travers le monde, dans la mobilisation culturelle et politique contre la marchandisation de l’eau et la privatisation des services hydriques ont relevé et essayent de contribuer à solutionner en organisant l’AMECE.

Rétablir un rapport étroit et sain entre les institutions publiques et les citoyens

Au coeur de l’AMECE on trouve également un autre défi majeur, celui de la démocratie représentative. On a assisté, au cours des trente dernières années, au décollement graduel entre les institutions représentatives publiques et les citoyens. La « crise de la démocratie », qui est une « crise de la représentation politique » dans nos sociétés est certainement un fait manifeste lorsqu’on constate la place insignifiante désormais réservée par nos économies aux biens communs publics, dont l’eau, l’air, l’énergie solaire, la connaissance, la santé sont les cas les plus emblématiques.

Il est urgent de rétablir un rapport étroit et efficace entre les citoyens (qui trouvent pour le moment dans les mouvements sociaux davantage de possibilités d’expression et d’engagement qu’auprès et par les institutions) et les institutions elles-mêmes, en particulier les institutions parlementaires et les collectivités locales. Un rapport qui sera nouveau du fait d’être (re-)fondé sur le principe des droits et axé sur les biens communs. On peut partir de l’eau.

L’AMECE se veut une occasion de contribuer au processus de « renaissance politique » de la relation entre citoyens et institutions, par la constitution de lieux publics où discuter et faire émerger des engagements précis et communs d’action visant à relever le double défi de la vie.

L’AMECE est le premier rendez-vous mondial - à l’initiative d’une quarantaine d’organisations (ONG, mouvements..) belges et d’autres régions du monde, en particulier d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie - où les acteurs impliqués donneront la priorité non pas aux affirmations rhétoriques d’objectifs mais aux engagements sur des mesures concrètes qu’ils ont pris ou comptent prendre.

Elle est structurée autour de la participation active de cinq catégories d’acteurs :
1 les parlementaires ;
2 les maires et représentants des collectivités locales ;
3 les entreprises publiques de l’eau ;
4 les syndicats ;
5 la société civile.

S’agissant d’une « assemblée » il y aura, durant les trois jours, 80 interventions programmées (plus de la moitié de personnes venant d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie) auxquelles il faut ajouter les interventions spontanées dans les espaces-temps laissés pour des larges échanges. Le but de la « rencontre », dans le lieu hautement symbolique qu’est le Parlement Européen, est de faire prendre, aux sujets mentionnés, ensemble, des engagements précis concernant la réalisation des quatre objectifs fondamentaux sur lesquels l’AMECE vise à promouvoir un parcours d’action le plus riche et efficace possible, c’est-à-dire:
1 le droit à l’eau potable et aux services sanitaires pour tous, ici et maintenant ;
2 la promotion d’un gouvernement de l’eau en tant que bien commun public aux
divers niveaux territoriaux ;
3 la mise en place d’institutions et d’instruments financiers appropriés pour le
financement public de l’eau (droit humain et bien commun) ;
4 la participation effective des citoyens au gouvernement de l’eau, de toutes les eaux , à partir des communautés locales ;


 - PRESENTATION DES QUATRE THEMES PRINCIPAUX A L’AGENDA DES TRAVAUX ET DES ENGAGEMENTS DE L’AMECE :

THEME I – L’EAU, UN DROIT HUMAIN
THEME II - L’EAU : UN BIEN COMMUN A TOUS LES HABITANTS DE LA TERRE
THEME III – LE FINANCEMENT DE L’ACCES DE TOUS A L’EAU DOIT ETRE ASSURE PAR LA COLLECTIVITE
THEME IV - LA GESTION DEMOCRATIQUE DE L’EAU



Lire tous les détails et le programme complet sur :

Le dossier de presse de l' AMECE



dont cet extrait :

Carte blanche des artistes :

L’eau est un élément vital sur la planète Terre. Sans elle, tout ce qui vit sur la Terre périt. Sans eau je meurs, tu meurs, nous mourons.
1,4 milliard de personnes à travers le monde ne disposent pas d'une eau saine.
15 millions d'êtres humains en meurent chaque année, la pénurie tue.
Ça suffit !
L’eau est un bien patrimonial mondial, irremplaçable et non substituable, au même titre que l’air, il n'existe pas d'autre alternative.
(C’est ainsi que nos pères, il y a soixante ans, entendaient les professeurs de chimie ou d’économie citer l’eau comme l’exemple d’un bien par excellence dont la préservation et l’accès étaient indispensable à la sauvegarde de la vie.)
Partout dans le monde, il faut la purifier partout dans le monde s’ouvre le marché mondial de la purification de l'eau.
Et l'eau qui était à tous, qui depuis l'aube des temps n'appartenait à personne parce qu'elle appartenait à tous, l'eau dont la gestion était un service public devient aujourd'hui la propriété de quelques-uns.
L'eau, une propriété privée ?
Ça suffit !
L'eau, une source d'inégalité, d'injustice, de conflits armés, de non-solidarité entre communautés humaines et entre générations ?
Ça suffit !
Nous comprenons qu’un accès à l’eau, selon une gestion saine de sa distribution, soit un service accompli par la collectivité et pour la collectivité et de ce fait implique des coûts. Nous voulons que ces coûts soient, partout sur la planète, minimalisés par des mécanismes mutualistes et administrés par un État garant de leur optimalisation.
Il en découle le principe selon lequel l’accès à l’eau ne peut être géré comme cela se fait pour tout autre bien de consommation.
L’eau ne peut pas être la propriété de quelques-uns.
Nous sommes indignes du nom d’hommes lorsque nous osons réfléchir, décider et agir contrairement à ce principe. Or, nous réfléchissons, décidons et agissons contrairement à ce principe en posant des conditions iniques au libre accès à une eau saine sur cette planète. Ceux qui disent le contraire sont des menteurs.
Ça suffit !
L’heure est GRAVE.
Nous, femmes et hommes reliés par les métiers de l’art, signataires de cette carte blanche, conscients des enjeux que représente aujourd’hui la préservation de l’eau, tous usages confondus, nous soutenons le contrat mondial de l’eau :
Le contrat mondial de l’eau se fonde sur le principe que l’eau appartient aux habitants de la Terre.
Il est inspiré par deux finalités : l’accès de base à l’eau pour tous et sa gestion solidaire et durable, impliquant des devoirs de solidarité, de cohérence de protection et de respect envers l’écosystème Terre pour ne pas mettre en péril les libertés et les droits des générations futures.
On ne peut pas laisser la gouvernance de l'eau aux logiques financières et marchandes qui ne garantissent le droit de vivre qu'aux consommateurs solvables et aux épargnants propriétaires/actionnaires.
Il faut donner la gouvernance de l'eau à ses vrais propriétaires, à savoir les habitants de la planète, pour que nous tous, nous nous réapproprions le droit à vivre par et avec de l'eau saine*

.......


Elle appartient à l’univers
Nous sommes menacés
Dans notre bien le plus précieux: l’eau
Nous voulons la garder fraîche et pure
Nous ne voulons pas qu’elle soit vendue
L’eau est gratuite
L’eau est sacrée
Elle est nue
C’est pour ça qu’elle a besoin d’être défendue
L’intérêt du plus grand nombre doit prévaloir sur l’intérêt de quelques uns.

( Julos Beaucarne et Eau secours )




>>  source : ACME

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